04.06.05 14:49 Age: 11 yrs

Protoplast featured in the first issue of ICONOMIX

 

The first issue of ICONOMIX is available now. ICONOMIX is a platform covering art, brands and business intelligence. This month this French website features Protoplast. Editor: art process, Paris. Link: Protoplast at art process.com

Protoplast - l’entreprise artistique suisse développe des produits imaginaires au croisement de l’art et de l’industrie.

Protoplast est une « société à actions » et un collectif d’artistes établi à Bâle, en Suisse. Leur signe distinctif est un attaché-case bleu portant le nom de la société; ils le portent toujours lors de leurs déplacements. On peut imaginer que cette mystérieuse mallette contient les secrets de fabrication de leur invention, le produit imaginaire. Le produit imaginaire existe en divers formats et manifestations, c’est un concentré de forme et de contenu, offrant de nombreuses applications et interprétations. En général, il s’agit d’un projet, d’un objet et d’une action qui comporte le nom de leur fabricant, la marque du produit et le numéro d’article. Pour lancer un produit imaginaire dans le marché (de l’art), Protoplast conçoit son propre marketing, intégrant le matériel et la campagne publicitaire dans le geste artistique. Depuis la fondation du groupe en 1990, plus d’une vingtaine de produits imaginaires ont vu le jour et ont été présentés dans plusieurs lieux d’art et de design en Suisse et en Allemagne, suscitant l’intérêt des milieux d’art et des affaires.

Convaincus que ce qui « fait » un produit est notre connaissance et notre expérience de l’objet, et que la qualité de celui-ci peut être revalorisée par l’imagination, le groupe invente des substituts imaginaires pour une vaste gamme de produits accessibles sur nos marchés. Pour créer un produit imaginaire, Protoplast dévoile et libère l’énergie potentielle contenue dans les produits de consommation de base. L’objet est reformulé et sa fonction revue à la hausse pour faire surgir un produit de qualité inégalable. La publicité qui entoure le produit imaginaire nous éclaire sur son potentiel et la marque qu’il porte atteste de son appartenance à un système créatif où les limites ne sont imposées que par l’imagination de l’utilisateur/spectateur. Le résultat final, qui n’est pas par ailleurs désigné comme « art » par ses créateurs, est un objet avec une nouvelle valeur esthétique et marchande. L’optimisation de la qualité, sans coûts additionnels car l’imagination est par essence gratuite, est sans doute un avantage qu’aucun entrepreneur, artistique, marchand ou autre, ne saurait contester.

Société dynamique, Protoplast a démontré son intérêt pour le monde des affaires à travers les années en explorant une variété de marchés. Dans le secteur des produits de grande consommation, par exemple, la firme est intervenue sur la lampe de poche pour la transformer en artifice visionnaire (energizer®) et sur la télécommande pour en faire un instrument de fantaisie (universel®). Les autres secteurs explorés sont le marché de la bourse, avec index®, «certificat d’investissement à haute valeur émotionnelle», ou bien celui de la pornographie, avec pom-0-porn® où le produit se présente sous forme de photographie d’une très érotique alliance de fruits, doigts et mots suggestifs. L’audace de Protoplast n’interfère pas cependant avec sa responsabilité sociétale, concept essentiel à toute entreprise contemporaine. Il y a quelques années, le groupe a donné les résultats de la vente de son produit Light®, une version « légère » du sac de courses, à une association locale à but non lucratif.

Protoplast fonctionne comme une entreprise mais il est indéniable que le groupe opère également dans le monde de l’art. A travers leur utilisation des stratégies du monde des affaires, les Protoplasticiens enrichissent et actualisent le langage de l’art ; inversement, en créant des produits de consommation au sein du circuit artistique et selon les règles de l’art, ils font surgir une approche innovante de la conception et de la promotion du produit marchand. Dans un monde qui réajuste en permanence ses valeurs, Protoplast semble avoir percé une nouvelle dimension où art et marchandise se retrouvent et s’enrichissent mutuellement. Le produit imaginaire s’annonce ainsi comme un choix pertinant pour faire face aux exigences du futur.

 

Sur l’auteur:

Rose Marie Barrientos

 

Rose Marie Barrientos a fréquenté et connaît de l’intérieur le monde de l’entreprise et celui de l’art. Mandatée par une importante entreprise de télécommunications comme agent de liaison auprès de ses actionnaires, elle assure pendant sept ans la coordination entre lesdits actionnaires et leurs divers interlocuteurs. En même temps, elle poursuit des études en histoire de l’art (Paris 1 - La Sorbonne) et réalise un mémoire de DEA sur la collection d’art d’entreprise de son employeur. Après une formation aux «métiers de la culture» (IESA) et plusieurs missions à l’ICOM (Conseil International des musées), elle s’oriente vers la recherche et prépare actuellement une thèse de doctorat sur les rapports entre l’art et l’entreprise (Art & Economie).

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English version:

Protoplast - Swiss art firm develops imaginary products at the crossroads of art and industry.

The first issue of ICONOMIX is available now. ICONOMIX is a platform covering art, brands and business intelligence. This month this French website features Protoplast. Editor: art process, Paris. Link: Protoplast at art process.com

Protoplast - Swiss art firm develops imaginary products at the crossroads of art and industry.

Protoplast is an “action firm” composed by a group of artists working in Basel, Switzerland.

Its members may be recognised by the blue briefcase they always carry with them; perhaps that's where they keep the trade secrets of their invention: the imaginary product. The imaginary product comes in various shapes and formats. It concentrates form and content while allowing multiple uses and interpretations. In general, an imaginary product is a project, an object and an action associated to the firm’s brand and identified by an article number and a registered trademark. To launch imaginary products into the (art) market, Protoplast elaborates its own marketing strategies, incorporating the advertising campaign and related events into the artistic process. Since the firm’s inception in 1990, over twenty such products have been developed and presented at several art and design venues throughout Switzerland and Germany, attracting the interest of the artistic and the business spheres alike.

Based on the premise that what “makes” a product is our knowledge and experience of the object behind it, and that product quality may be optimised by imagination, the group develops imaginary substitutes for all types of goods available in today’s markets. To create an imaginary product, Protoplast focuses on revealing and releasing the energetic potential of common market products. The object is reformulated and its functions improved, yielding a product of the highest quality. The advertising material associated with the imaginary product informs us of its potential and the brand it carries is proof of its affiliation to a creative system where the only limits are fixed by the consumer/spectator’s imagination. The result, which -by the way- the firm refuses to call “art”, is an object with new aesthetic and market values at no additional cost, as imagination is in essence free. This seems a definite advantage for both the business and the artistic enterprise.

The dynamic art firm has proved to be open to different ventures and has successfully explored several markets over the years. In the mass market product area, for instance, Protoplast’s intervention transformed the ordinary pocket lamp into an artefact to boost consumer vision (energizer®) and the remote control into a fantasy unit (universel®). Other fields explored by the firm include the stock exchange (index®, an “investment certificate with a high emotional quality”) or the pornography market (pom-0-porn®), where the product is actually the publicity for a highly erotic combination of fruit, fingers and suggestive words. Audacious as it may be, however, the art firm has also proved its social responsibility, a key issue in today’s corporate world. The proceeds from the sale of the product light®, a “light” version of the shopping bag, were donated to a local community non-profit association.

Protoplast operates as a business company but the group undeniably dwells in the artistic domain. Through the use of business devices, Protoplasticians update the language of art, and, through the manufacture of market products within the art circuit and according to its modes, the firm offers an innovative approach to merchandise conception and promotion. In a world of permanently shifting values, Protoplast seems to have entered into a new dimension where art and merchandise meet and enhance each other. The imaginary product appears thus to be the suitable choice to meet the exigencies of the future. (Text corrections by Dr. Nania Schärer-Hernandez)